Artiste
multidisciplinaire profondément ancré dans le présent
et le faire, Christian Rizzo a réussi à imposer
sa vision iconoclaste du mouvement dans un univers de la danse contemporaine
quelque peu assagie depuis le milieu des années 90. Il suffit d’observer
les réactions très contrastées du public lors de ses
spectacles : le choix d’une musique rock / électro-hard, à
la limite du noise, fait fuir les uns, vibrer les autres… De même,
huées, sifflements et cris d’admiration se mélangent
pêle-mêle lors du “tombé de rideau“. “100
% polyester“ reste pour exemple gravé dans les annales
de l’Opéra de Lyon.
Bien qu’admirant le travail des jeunes créateurs de l’avant-garde
tels Romain
Kremer, Gareth Pugh et Bernard
Wilhelm, la mode et ses contraintes commerciales et saisonnières
s’est vite avérée trop limitative pour cet amoureux
de la vie, aux références sans concession (Gonzales
Torres, Huysmans, William Forsythe),
sans que, pour autant, il renie ses premières amours : T-shirts politisés
de Katherine Hamnett et autre streetwear déjanté
de Bodymap.
Christian Rizzo donne l’impression qu’il a
tout naturellement intégré le leitmotiv “Punk is not
dead“ dans ses créations pour le transformer en source d’inspiration
qui le pousse sans cesse à franchir de nouvelles limites, à
explorer de nouveaux territoires.
- Richard Gilles -

