Toute
en conservant sa pudeur, Patti Smith plante son salon au
beau milieu de la Fondation Cartier et partage avec nous
son univers poétique et ses inspirations : Rimbaud,
bien sûr, mais aussi Burroughs, Genet,
Artaud ou encore Mishima.
On est tout au plaisir de découvrir près de trente années
de dessins, polaroïds, films et vidéos qui nous racontent l’histoire
d’une artiste ancrée dans son temps, ses amitiés avec
ceux qui ont su marquer ces dernières décennies (film de Mapplethorpe,
tombe de Susan Sontag), et son admiration pour les plus
grands (tombes de Victor Hugo, Jim Morrisson,
pierre recueillie dans le lit de la rivière Ouse
où disparut Virginia Woolf). Ce qui pourrait paraître
morbide pour certains nous dévoile une soif intarissable pour l’art
sous toutes ses formes et un immense appétit de vivre resté
intact malgré les épreuves que l’artiste et la femme
auront traversées.
- Richard Gilles -

