Construisant depuis ses débuts ses collections pièce par pièce, une à chaque saison, dans une déclinaison de coloris intenses, Wies Schulte, la créatrice d’Indress imagine une collection d’hiver chic, portée par les émotions fortes de la jeune interprète Adèle Haenel dans un film mis en scène par Frédéric Guelaff.
- Caroline Cornu -
Caroline
Cornu : Où trouvez- vous
votre inspiration
?
Wies Schulte: Dans des livres de photographies
de Stephen Shoren, Jeff Wall, Mitch
Epstein, Alec Soth, Steichen
et dans la rue avec les couleurs que je croise quand je roule en moto...
CC: Quand quand s'est révélé votre
goût de la mode, des
vêtements ?
WS: Vers
10 ans, je commençais déjà à aimer les couleurs
et toucher les tissus que ma mère s'achetait pour coudre ses vêtements.
À 17 ans,
j'ai quitté les Pays-bas pour entrer dans une école de mode
à Anvers, c'est là où j'ai pu expérimenter avec
toutes sortes de matières, de couleurs et de formes, où j'ai
vraiment pris goût à la mode.
CC: Où vivez-vous, où travaillez-vous
? Avec combien de personnes?
WS: Je vis et travaille à Paris. Nous sommes 2 personnes
à plein temps aidées d’une super stagiaire.
CC: Combien avez-vous réalisé de collections
?
WS: Douze
CC: Qu'est ce que vous aimez dans votre ville ?
WS: La vie du quartier où j'habite. Le bar, où
je bois mon café chaque matin, le mélange des gens. Paris
a la juste taille, ni trop grand, ni trop petit. J'adore m'y balader en
moto et découvrir des endroits que je ne connaissais pas encore.
CC: Les mouvements artistiques qui vous inspirent,
vos égéries et muses ?
WS: J'adore Romy Schneider, je pense qu'elle
incarne la classe au féminin.
CC:
Avez-vous une autre activité artistique? Est ce que vous vous
sentez proche d’un mouvement artistique ?
WS: J'aime dessiner le soir ce qui m'a touché dans
la journée avec un bic. J'ai des dizaines de carnets avec des moments
de vie pour ne pas les oublier. J'accompagne mon amoureux dans ces projets
de film et de photographie.
Je suis entouré d'amis qui travaillent dans le cinéma, la
musique, l'art. Je me sens proche d'eux par leur diversité et pas
forcément parce qu'ils représentent un mouvement artistique
précis.
CC: Qu’est-ce qui vous fascine ?
WS: Vivre depuis 16 ans avec le même homme et être
toujours aussi amoureuse!
CC: Quelles sont vos gammes de couleurs, vos coupes,
formes et matières pour la dernière collection ?
WS: Les couleurs sont le rouge vif, le violet électrique,
le bleu encre profond et un écru très chic. Les matières
utilisées sont le crèpe de soie, le satin de laine fluide,
le lainage lourd imperméable, le kid mohair et la laine mérinos.
Les coupes sont épurées, simples et définitives.
CC: Quelle matière avez-vous envie d’expérimenter
?
WS: Des matières fluides, plombantes, dans des compositions
naturelles. Pour ma dernière collection, j'ai imperméabilisé
un twill de laine pour réaliser un trench-coat.
CC: Comment définir votre style ?
WS: Chic, avec toujours des couleurs étonnantes
!
CC: Que raconte le film ?
WS: En 5 plan séquences, Frédéric
Guelaff évoque 5 émotions fortes (le doute, la violence,
l'attente, l'entêtement, la gêne) traduit par la comédienne
Adèle Haenel.
CC:
Comment est venue cette idée de collaboration ?
WS: Avec Frédéric, nous avons eu envie que
le film de la collection hiver 2008 soit incarné par une comédienne.
Une histoire, un visage, des émotions en 5 travelling avant.
Par l'entremise de Christel Barras, nous avons fait la
rencontre d'Adèle Haenel, une jeune actrice nominée
aux derniers césars.
Le film tourné en 16mm s'est fait durant une journée, c'était
tout simplement magique...
- Interview de Caroline Cornu -